CG Formation, Communication interpersonnelle et pédagogie ludique

Les jeux en formations, utiles ou superflus?

Si je mets des jeux dans ma formation, ne vais-je pas manquer de temps pour apporter du contenu, ce qui serait plus utile ? C’était la question qui tue en formation cette semaine à Le Reuz.

Je vous refais la scène, j’anime une formation intitulée « dynamiser vos formations avec des outils ludiques » durant laquelle l’objectif pour les participants est de prendre en main différents outils (Jeux cadres Thiagi, brises glace, photolangage…). A la fin de celle-ci, une participante me demande : « Si je mets des jeux dans ma formation, ne vais-je pas manquer de temps pour apporter du contenu, ce qui serait plus utile ? »

Je la remercie avec cette interrogation elle m’a permis de revenir sur l’essentiel en cette fin de journée que nous avons partagée. L’essentiel à mon sens est de faire la distinction entre qualité et quantité lors d’une formation.

Nombreux sont les formateurs que je croise à penser pour différentes raisons qu’il faut mettre un maximum de contenu dans leurs formations : parce qu’ils manquent de temps de formation, parce qu’ils sont généreux, qu’ils ont à cœur de faire de leurs stagiaires des pro du sujet enseigné, parce qu’ils pensent que la mise en pratique est accessoire…

Néanmoins avec toutes les études menées sur le sujet, nous savons que les capacités d’apprentissage d’un individu sont limitées. Imaginons que je vienne chercher du lait à la ferme avec mon pot d’un litre et que dans sa grande générosité l’agriculteur y verse 2 litres, je repartirais quand même chez moi avec un litre. Pour l’apprentissage c’est un peu la même chose, je peux en tant que formatrice en donner plus que les possibilités d’intégration des stagiaires, dans tous les cas ils n’iront pas au-delà de la place disponible. Ce qui est plus embêtant c’est quand enrichissant mon contenu je ne suis pas certaine des informations qui se trouvent dans « leurs pots », ils pourraient très bien avoir été marqués par des détails superflus et avoir manqué de place pour une information essentielle. D’où l’intérêt de sélectionner soigneusement son contenu et de le limiter.

En faisant ces choix vous vous laisserez du temps pour inclure des « jeux ». Ceux-ci vous permettront de dynamiser vos formations, de mettre du rythme, de susciter et maintenir l’attention de vos participants, de faire participer tout le monde, de travailler dans la bonne humeur…

Mais n’allez pas croire qu’ils n’ont que ces rôles-là, les jeux comme les jeux cadres ont aussi pour objectifs : de rendre les participants acteurs de leurs formations, de leurs permettre d’expérimenter, de s’approprier et ainsi d’intégrer de nouvelles connaissances ou développer de nouvelles compétences. Selon le cône d’apprentissage d’Edgar Dale, après 2 semaine, une personne se souvient de 90% de ce qu’elle expérimente, contre 50 % de ce qu’on lui expose ou démontre. Il est donc primordial de remettre les participants au cœur de l’action et de laisser aux formés le temps de vivre les choses.

Pour conclure, se contenter de l’essentiel, c’est assurer sa transmission, laisser du temps aux stagiaires pour l’expérimenter et l’intégrer. Qu’en pensez-vous?