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Minimiser : une erreur de communication

” Ce n’est pas grave, la faim dans le monde c’est grave ! ” doit être une des phrases qui m’a mise le plus hors de moi ces dernières années. Alors oui, la faim dans le monde c’est grave et avec du recul mes problèmes sont beaucoup plus faciles à résoudre. Mais pensez-vous qu’entendre cette phrase m’aide à les surmonter ?

Minimiser une méthode de communication inefficace

La personne qui m’a fait cette réponse est de toute bonne foi. Elle veut m’aider à relativiser, à prendre du recul, voir la situation avec distance. Ces intentions sont les meilleurs du monde néanmoins, la méthode choisie est inefficace. En communication assertive cette méthode à un nom : minimiser. En d’autres termes mon interlocuteur diminue l’importance de mes propos. Il essaie ainsi de me montrer qu’ils sont largement surmontables.

Mettons nous en situation pour constater l’effet de la minimisation. Imaginez que vous venez de perdre un client. Etes-vous déçu ? dans l’incompréhension ? en colère? Ou tout autre sentiment désagréable ? Là vous croisez quelqu’un avec qui vous partagez votre mésaventure. Après quelques secondes, il vous répond ” C’est pas si grave. Un client de perdu, dix de retrouvés ” Comment vous-sentez vous? Le sentiment désagréable lié à la perte de votre client est-il passé? ou au contraire est-il exacerbé par d’autres sensations désagréables ?

Pour ma part le fait de minimiser ce que je vis accentue mon mal être. Quand je partage mon désarroi avec quelqu’un, j’attends en premier lieu de l’écoute et de l’empathie.

Une personne qui minimise les faits risque de provoquer de l’incompréhension, de la colère ou même une baisse d’estime de soi. En effet la personne qui partage ses difficultés pourrait se sentir “nulle” de se plaindre ou de ne pas réussir face à des problèmes si peu importants aux yeux de l’autre. Au mieux minimiser donne envie de couper la conversation au pire de répondre le fond de sa pensé sans aucune maitrise de soi. Alors qu’au départ ne l’oublions pas les intentions de la personne étaient d’aider.

Mais alors quel mode de communication adopter ?

Vous allez me dire d’accord mais comment faire alors ? Une partie de la réponse est au dessus. Revenons à la situation : vous racontez vos déboires avec votre client à quelqu’un. Votre interlocuteur vous répond : ” la faim dans le monde c’est grave ! ” Vous vous sentez encore plus mal. Si celui-ci avait écouté votre problème. Vous avait laissé du temps pour les raconter et montré qu’il vous comprenait. Que ce serait-il passé ? Vous seriez sans doute plus apaisé, avec l’impression d’être écouté et compris. Une fois l’émotion retombée, vous auriez été en état de prendre du recul sur votre situation et de trouver des solutions pour résoudre votre problème. Bref votre interlocuteur serait arrivé à ses fins : vous aider.

En conclusion, minimiser les faits accentue le mal-être de la personne qui raconte ses difficultés et déteriore la communication avec elle. Pour l’aider mieux vaut lui accorder le temps de vider son sac et lui montrer que l’on comprend ce qu’il vit. Ensuite celui-ci sera capable de prendre de la distance par rapport à son problème et disposé à coopérer pour trouver des solutions.

A votre tour d’observer !

A présent, je vous invite à prendre un instant pour vérifier s’il vous arrive de minimiser les propos de votre entourage. Oui ? Dans ce cas, je vous propose d’être indulgent avec vous même, vous faites du mieux que vous pouvez au moment où vous le faites. Et vous invite à explorer la possibilité d’écouter votre interlocuteur et d’essayer de comprendre ce qu’il vit.

Belles observations dans les jours à venir 😉 et à bientôt pour de nouvelles astuces en communication assertive.

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